Ouest France – 02-07-2019

L’association Lalouet’coop a ouvert son magasin autogéré en février 2019. Après quelques mois de rodage, elle ouvrait ses portes fin juin, pour tenter d’attirer de nouveaux coopérateurs.

L’air était brûlant, vendredi 28 juin, en pleine canicule. Pour échapper à ce soleil impitoyable, rien de tel que de se réfugier dans la fraîcheur de la petite supérette de Lalouet’coop, rue Nationale. Cela tombe bien : exceptionnellement, en ce jour de portes ouvertes, tout le monde pouvait y faire ses courses et pas seulement les adhérents de l’association.

Car Lalouet’coop, comme le suggère son nom, c’est un tout jeune supermarché coopératif, ouvert en février 2019 par l’association du même nom. Le principe ? « Nous sommes 285 coopérateurs à autogérer notre magasin, explique Sandrine Pasquier, elle-même coopératrice. Chacun d’entre nous obtient une part sociale en échange de 60 €, ou 80 € pour un couple. » À partir de là, tous peuvent profiter du magasin en échange d’un peu de leur temps. « C’est minimum deux heures toutes les quatre semaines, mais certains viennent beaucoup plus. »

Un lieu de rencontres

Achat des produits, mise en rayon, caisse… Tous les corps de métier d’une supérette classique sont donc assurés ici par des bénévoles, pour qui ces activités sont devenues un « deuxième métier, assure Sandrine Pasquier. C’est aussi un lieu d’échange, de rencontres : nous avons des ouvriers, des infirmiers, des chefs d’entreprise… On s’amuse, c’est un peu notre récréation ».

Le but des portes ouvertes, qui ont eu lieu de vendredi à samedi, était de recruter de nouveaux coopérateurs. Au début de l’aventure, ils étaient « entre 250 et 260. Nous n’en avons pas pris beaucoup depuis, car nous avions besoin de nous roder », précise Sandrine Pasquier. Forcément, quand on se lance dans un projet comme celui-là, au début on tâtonne. « Le plus compliqué, dans un groupe de cette taille, c’est de faire passer les informations. » Depuis, les coopérateurs ont trouvé la parade : « On s’organise grâce à un groupe Facebook. »

Côté gestion de stock, l’équipe s’est aussi améliorée : « Les ruptures sont de plus en plus rares. » Comme tous les autres aspects du fonctionnement de ce magasin, elle est prise en charge par un groupe de travail. « Chacun des membres gère un ou deux produits. Le plus dur, au début ça a été les produits frais. Mais les gens étaient compréhensifs, car tout le monde est conscient des difficultés. » Grand soulagement : l’association vient d’investir dans une chambre froide, qui va lui permettre de voir beaucoup plus loin.

Ses finances, Lalouet’coop les tire exclusivement du revenu de ses ventes. « Nous nous sommes fixé une marge de 18 %, indique Sandrine Pasquier. Elle nous sert à financer la structure et les charges. Les bénéfices sont destinés aux investissements. »

C’est donc le bon moment pour l’équipe de s’agrandir. Sandrine Pasquier espère que la journée portes ouvertes aura donné envie aux curieux de s’y mettre. Une heure après le début, ils étaient déjà une quinzaine, extérieurs à l’association, à avoir poussé la porte du magasin.